IGNOCRATIE #99

Poisson d'Avril

 

Hermyane avait envie de jeter la Doursier dehors!
Cette fille était un Boucan: elle passait de l’eau calme et endormie d’un Lac au feu d’un Volcan, hurlait qu’elle voulait obtenir justice, se calmait et voulait câliner Tibouk, fumer un joint dans l’herbe en respirant l’odeur des Cosmos, récupérer son Sex Friend pour Trois nuits, foutre le Feu à une Cave Coopérative, dans le Darg, y creuser tout autour pour Planter des Fruitiers, Pondre un Mioche et l’élever en Taule, parce que le Orange lui irait sûrement comme un Gant. Pour éviter de gifler cette fille pleine de Vie et de Douleurs non entendues par la Justice: Hermyane enfourcha Nitite et décida d’aller faire un tour sur les hauteurs. Là où il faisait encore froid et où la Neige n’avait pas fini de fondre. Cela lui fit penser que la Doursier n’avait pas tort: que faisait cette Putain de justice? Car si elle était honnête avec elle-même et au regard de ses expériences de Terrain, nombreuses et pas toujours faciles à vivre – elle n’était pas en Pierre, Merde! – la plupart de ceux qui peuplaient les taules insalubres et indignes de l’Humanité n’étaient pas ceux qui auraient dû s’y trouver. Tout le système ignocratique était incompétent, corrompu et fermement décidé à rester en place. Les enquêteurs qui enquêtaient durement n’y pouvaient pas grand-chose et les Vestes Rouges continuaient à bouffer des saucisses au bord des ronds-points en demandant aux automobilistes de klaxonner pour changer le Monde…
C’était pas gagné.
Cependant, Hermyane était tenace et quand bien même elle était à la retraite, elle décida de poursuivre un peu cette enquête Surnaturelle sur la Rancifos, la Doursier et tout le ramdam. Juste un peu et juste pour elle-même : car le Travail non terminé la foutait en Rogne!
D’abord, elle ramena Nitite à l’Écurie de la Gare ou son destrier était à l’abri. Ensuite, elle parcourut les rues, à la recherche d’indices. Elle demanda à des Inconnus de prendre quelques photos des dessins sur les murs qui lui paraissaient essentiels et fournit l’adresse du Jorma pour qu’elles soient expédiées, Fissa!
Puis, elle poursuivit sa longue marche et scruta les moindres Graffitis qui se trouvaient sur les murs, sous les Ponts, et cætera, et cætera, et cætera.
Elle trouva de tout petits Collages, miniatures, qui semblaient représenter une route de Campagne et les Parcelles de Terrain qui l’encerclaient. Il était écrit MN018 et 146070. Le Centre de la Vignette contenait systématiquement un petit dessin: un cœur, une étoile ou encore une inscription, telle que Art Is Anal.
L’écriture y était fine et ressemblait à nouveau à celle du Haïku. Et elle venait de Sela: aucun doute pour Hermyane. De plus, la Doursier y ayant vécu aussi; cela n’était pas si surprenant. C’est calmée et préoccupée qu’elle regagna ses quartiers. Elle y trouva une Doursier furibarde parce qu’elle avait raté ses Îles Flottantes et que le Moelleux au chocolat était au Chocolat.
Lorsqu’elle lui signala qu’elle sortait boire un verre parce qu’elle espérait croiser son Sex Friend à qui elle avait envoyé une invitation à une baise torride dans les bois; Hermyane fut soulagée de retrouver le calme de son territoire et eut envie de faire une Blague. Pour mettre de côté tout le reste. Elle décida d’envoyer un cadeau à Falali Gémix: un Fugu cuisiné en papillote et sans avoir pris la peine d’en extraire le Poison, évidemment, sinon ce ne serait pas drôle!

IGNOCRATIE #98

Ignocratie #98 Carnaval

 

 

Pour la tranquillité, Hermyane n’aurait pas d’autre choix que d’attendre encore un peu. Soit, elle était une adepte des échecs et avait appris la patience. Certains n’ont pas d’autres choix. Elle se sentait bien dans son chez elle avec Tibouk, ses nouveaux meubles conçus par des Talibans, les champignons au mur et la chasse d’eau qui berçait ses nuits de ses doux ploc ploc. Elle savait bien que son projet de montagne prendrait du temps : elle avait pas mal de chiasses administratives à gérer avant de pouvoir y poser son cul et admirer les étoiles et le Silence. Elle avait du travail, aussi, pour permettre à ce projet de lui donner toute liberté d’enquêter comme elle l’avait décidé: ses problèmes avec l’autorité, tout ça, tout ça.
De toute façon, elle devrait attendre que sa super-méga-génia-non-conseillère de chez Popol du travail pige qu’elle n’avait pas quinze ans, pas mal de bouteille et très peu envie de se laisser dire de quelle façon elle devait se positionner. Qu’elle mette donc son nez dans le Kama Sutra, cette mal baisée, plutôt que de se faire croire qu’elle connaissait le travail d’Hermyane mieux qu’elle! Non mais on croyait rêver!
Cela étant dit, cette dame bien intentionnée et peu formée était le cadet des soucis de ses soucis. La putain de Doursier avait débarqué chez elle avec son sac à dos, un pull bleu turquoise et ses pieds puants d’avoir trop marché dans les mêmes chaussures. Elle voulait vivre avec Hermyane et ne lui avait pas laissé le choix. Elle s’était installée, avait récupéré une machine à coudre et de la laine et des aiguilles: elle voulait faire un DouDou pour une amie enceinte, repriser les vêtements d’Hermyane, fabriquer une souris pour Tibouk, cuisiner des plats pour qu’ils ne soient pas critiqués systématiquement – et pour cela, Hermyane était plutôt d’accord car elle était gourmande et la Doursier cuisinait fort bien! Elle voulait aussi peler le maire de Sela, Tax SouR Man, écouter du PeRa avec son vieux pote BiduL Robi Evec et aller danser au Carnaval. Elle tricota deux déguisements: une chatte noire pour Hermyane et un poussin jaune canari pour elle-même et acheta une bouteille de Gin pour sa coloc et une bouteille de Vodka pour elle. Elle appela deux ou trois potes pour qu’ils lui envoient, par pigeon voyageur, un peu de shit, du lsd et de la Caroline. Elle disait que le Carnaval serait parfait, de cette façon! Hermyane avait plutôt envie de profiter de sa retraite mais quand elle sut que sa vieille copine Gèr Néi s’y trouverait avec ses potes omos et de la Margarita, elle se laissa tenter. Les rues grouillaient de gens ivres, joyeux et parsemés de paillettes, parfois dans le cul. Des fanfares jouaient des airs par-ci et par-là, ce qui donnait une joyeuse cacophonie. Tout le monde était là: les vieux, les jeunes, les amputés, les sales gosses énervés, les alcooliques masqués et il y avait même des Grosses Framboises sur des chars, en string et fumant des gros Splifs. Hermyane aperçut même Sinodul qui avait rasé ses cheveux et était passé du côté GotHique de la Force avec sa clique qui le suivait, déguisée en moutons et broutant de l’herbe.
Finalement, après avoir gerbé tout son Gin et aidé la Doursier à finir la Vodka, pour terrasser le Mal par le Mal, Hermyane ne trouva pas Gèr Néi et tomba nez à nez avec un vieux chef de formation à la gestion de conflit sans vIolence: Carma TrugnÔ. Il était déguisé en Vélociraptor, buvait de l’eau et rigolait avec une camarade de terrain la Mer-Ia Aigle-Nature Stonn, déguisée en Panthère rose et sirotant une menthe à l’eau. Enfin, elle aperçut son amie Ellan Sabren Goett qui était déguisée en Fée Bleue et chantait l’Année du Dragon Rouge de 1976, en prônant la Paix et en faisant des doigts d’honneur aux Belligérants de la fête, car il y en a toujours : la survie, tout ça, tout ça…
Après lui avoir roulé une grosse pelle parce qu’elle était trop bourrée et que la Paix invite souvent aux embrassades, Hermyane laissa la Doursier finir ses Produits avec des inconnus rencontrés à la fête: un Tigre, un Orque, un Nocram et une Bite. Elle avait eu la bêtise de se laisser aller à réfléchir à la fonte de la calotte glaciaire, ce qui avait gâché son euphorie. Elle avait pleuré, giflé un clodo macho, repéré un nouveau tag – PY Que Dieu te Bénisse, signé Lak Miel Tou – et finalement décidé d’aller se coucher dans son nouveau lit fabuleux qui lui faisait faire des rêves doux, qui ne risquait pas les griffes acérées de Tibouk et la Doursier connaissait le chemin, avait ses bottes dans son sac à dos et la porte n’était jamais fermée à clé.
Hermyane entendait vaguement l’hystérie collective générée par ce type d’événements, fort utiles pour éviter les guerres, lorsqu’elle se laissa emporter par un rêve étrange où un pirate du Pacifique lui parlait de sa bactérie à l’Œil. Il était sexy et Hermyane décida que dans ce rêve: elle se foutrait à poil.

IGNOCRATIE #97

Ignocratie #98 Berthe la Martre

 

Hermyane, après avoir dansé son sirtaki tout en balayant son stud’, jouant avec Tibouk qui courait après un élastique à cheveux sales et ne savait toujours pas le ramener, alors qu’elle savait très bien faire cet exercice de Cirque, avant, et avec un coton-tige non utilisé. Bref, Hermyane, après avoir occupé sa matinée à ses tâches ménagères et administratives, se mit à réfléchir aux Produits qu’elle pourrait bien consommer maintenant qu’elle était à la retraite. Malheureusement pour elle, elle avait tant abusé des produits chimiques dans sa petite enfance – ce qui l’avait d’ailleurs conduite à en avoir oublié une bonne partie, en tout cas celle qui concernait les BOUMs avec ses Petits Compagnons. Elle se souvenait vaguement d’avoir eu, Une Fois, très mal à la tête après une chasse au Trésor et une nuit en Tente de Camping. Très probablement que cette petite Sauterie-là avait été trop arrosée à la Bière des Picons, au TissaP, au 15 ou au Mhur car elle n’avait pas réussi à rester alcoolique avec ces gnôles-là et les avait gerbées violemment au Lycée avec ses copines ou encore quand elle travaillait comme hôtesse-serveuse-de-cafés-donneuse-de-sourires-embrouilleuse-de-secrétaire-mal-lunée-liseuse-de-Léon pour des Vendeurs de Voitures Neuves. Plus communément appelés les VVN. Bref, elle ne pouvait plus boire ces trucs-là. Elle avait bien essayé des tas de fois, pour accompagner généreusement ses potes, qui tenaient absolument à ce qu’elle picole pour pouvoir la regarder chanter des chansons paillardes, gueuler sur le premier venu, chier dans la rue à la Kapital ou encore danser comme une streap-teaseuse sur les comptoirs des bars. Seul son ami Valudir Mim Zihi avait toujours veillé à ce que personne ne la touche, lorsqu’elle était trop défoncée. Lui-même n’aurait jamais osé. De plus, Lirnaett avait vachement grandi et lui ressemblait beaucoup quand elle était défoncée, alors il n’avait pas hésité à la draguer. Cela avait fortement énervé Hermyane qui cependant n’était pas rancunière: après tout ces deux-là étaient adultes et Vaccinés et pouvaient bien faire ce qui leur chantait, dans son dos. Tant qu’ils ne finissaient pas Enfermés avec des oufs trop malades et trop Médicamentés pour les comprendre et cependant fort gentils et affectueux. De plus, Valudir Mim Zihi n’était plus son ami: ils s’étaient toujours disputé à propos de la Philosophie. Lui la destinait aux Grands et en excluait tous les autres et Hermyane ne démordait jamais de ses devises: Tout Le Monde Ou Personne. Point barre. Même les grosses Tiques devaient être de la partie: car ils n’étaient pas si toxiques que ce que les Pharmaco-chimico-industrio-de-son-cul voulaient bien le laisser croire. Il étaient même forts utiles pour réguler les populations de renards qui eux-mêmes régulaient les populations de Martres qui s’occupaient des Poules, et cætera, et cætera, et cætera. La martre étant un animal discret et magnifique qu’Hermyane avait décidé d’appeler Berthe, juste parce que ça ne rimait pas et que la Doursier faisait toujours rimer les prénoms des animaux et qu’elle l’énervait un peu, celle-là, a toujours avoir des idées drôles ou jolies ou courageuses. En plus, elle avait claqué la porte au nez du Jorma en lui disant qu’il ne servait à rien et qu’elle préférait partir à la montagne avec Hermyane, ses amputés, ses Framboises, et cætera, et cætera, et cætera.
Ce qui emmerdait Royalement Hermyane qui avait envie de Paix, de Pizzas, de Pets intimes – ou plus communément appelés les Trois P ou encore PPP – et de contemplation des étoiles infiniment nombreuses dans le ciel d’Août, seule, le soir, une fois que les amputés et les autres étaient partis. Car si elle était d’accord pour enquêter encore un peu avec tout ce beau monde : elle estimait avoir déjà donné beaucoup de son temps et de son énergie presque gratuitement et s’octroyait le Droit à la Solitude. Du reste, chacun n’avait qu’à s’occuper de son Propre Projet Personnalisé et Longuement Mûri – comme les framboises pleines de vers – appelé plus communément PPPLM.
Car elle savait, de source très sûre, que la dispersion aux quatre vents des énergies de chacun ne menait qu’aux Tempêtes et aux Ouragans et qu’elle avait envie que les pauvres sinistrés de ce genre de dégâts des Eaux furieuses de l’Océan cessent un peu d’être tourmentés par les Mauvaises Gestions Énergétiques – appelées aussi MGE – des dispersés de la cervelle qui, sans le vouloir, leur reprenaient systématiquement tout ce qu’ils essayaient de construire, avec leurs orteils et leurs dents.
Et la chiasse de Doursier, qui ne voulait plus Buter personne et qui se mêlait maintenant de son projet de montagne, d’air pur, et cætera, et cætera, et cætera. Cette Doursier, donc, n’arrangeait pas ses Envies de Tranquillité bien méritée!
Pour ne pas s’énerver Inutilement, Hermyane songeait donc aux produits qu’elle pourrait bien consommer et réalisa qu’à part son kawa et son herbe de potager: il ne lui restait pas grand chose. Elle n’allait tout de même pas fumer les poils de Tibouk ou ceux de sa Patchole, merde!
Quant à la plus belle drogue du monde, l’Amour: il avait trop dévasté sa vie, et si elle était d’accord pour le donner aux siens; c’est à dire tout ce qui, comme elle, était vivant : les ruisseaux, les abeilles, les amputés, les framboises, les chieurs, Akulo, Alélic, et cætera, et cætera, et cætera. Il faut suivre, Merde! Si elle était d’accord pour continuer à cultiver l’amour de Tout dans son coeur et pour ignorer les élans de la haine: elle tenait à rester loin de l’amour pour un homme qui ne le rend jamais. Par Expérience. SDMO!

IGNOCRATIE #96

Ignocratie #96 Linky

Hermyane avait été tirée de son sommeil profond, tranquille et rempli de rêves un peu loufoques où des abeilles mangeaient des Enfants, des Orques émergeaient de l’océan déguisés en Ogres Bleus pour effrayer les Templiers qui se cachaient encore dans les Terriers Sous-Terrains des Renards à la Queue Coupée; et où, finalement, Hermyane finissait toujours à la montagne et ramassait des Framboises avec l’amputé qui lui avait confié venir de la Manioure. Hermyane lui avait alors demandé s’il n’y avait pas de framboises en Manioure et pourquoi il était amputé. Ce à quoi l’amputé avait répondu que les framboises disparaissaient en Manioure parce que les chimico-industrio-pharmaco-de-son-cul étaient arrivés avec des Tanks repeints en Vert, Jaune et Rouge et voulaient tout raser pour construire des Popol du Travail, des Bureaux vides et des Centres de Commerce qui vendaient les Reins des enfants du Dus, ceux qui cultivaient le tabac et le chocolat. De plus, ils lui avaient arraché ses jambes en lui disant qu’ainsi, il ferait plus de sous-sous dans le tromé à la Kapital grâce à son Handicap et à la pitié des braves gens qui voulaient continuer à marcher et regarder leurs gros pieds puants tout en ayant bonne conscience. Bref, Hermyane avait été tirée de ses Doux Rêves Bleus par le BrouHaHa de sa sonnette d’Interphone. Les réparateurs de la Lumière étaient un peu en avance pour leur rendez-vous. Hermyane était réveillée, cependant, elle traînait un peu sur son matelas gonflable avec Tibouk qui ronronnait gaîment – ou gaiement, tout dépend du Langage employé. Après avoir partagé un kawa à la crème fraîche, les réparateurs de la Lumière avaient confirmé à notre détective Denleze qu’elle n’avait rien perdu de ses compétences: effectivement, elle payait Boucou trop cher la lumière pour quelqu’un qui s’allumait à la bougie, aimait bien le froid et l’humidité et cultivait des champignons pas comestibles sur ses murs. Et qu’elle prenait la peine de leur parler, en plus, comme à ses plantes et à Tibouk Kilète. Ils lui avaient alors conseillé de se retourner, de marcher longtemps et de chercher les locaux d’EniSed ou de la Fed de la Lumière, de demander à parler ma madame Lice Céj SouSa. Ils lui avaient aussi souhaité bonne route et bon courage et conseillé de prendre une lampe torche car il y aurait peut-être sur sa route des animaux délétères dressés spécialement par leurs services pour que personne ne vienne jamais réclamer quoi que ce soit. Hermyane aimait bien marcher et elle avait une lampe torche: c’était Parfait! Elle décida de sécher son cours de néki pour son pouce: car le praticien venu de la PaSGène qui avait un joli sourire, des mains délicates et fermes à la fois, ne la stressait pas, lui parlait de son beau Païs où des femmes dansaient le flamenco tout en fumant des gros joints et en cuisinant des Totillas à la Farine de Maïs, ce praticien-là, donc, était absent. Et elle préférait que ce soit lui qui la Torture: elle aimait beaucoup l’écouter et rougissait devant son grand sourire sincère et plein de charme. De plus, elle avait entendu, tout en se faisant Manipuler le tendon pour son Bien, l’un de ses confrères amusant, la bouche barbouillée de sucre parce qu’il venait de s’enfiler une Grosse Meringue; bref, elle avait entendu cette bouche rigolote et gourmande dire deux choses très intéressantes. Primo : il avait dit que les Fous en Liberté redevenaient des Sages. Deuxio : il avait ajouté que MoinS il y avait de FouS, Moins il y avait de RiZ. Ce qui avait donné matière à réflexion à notre enquêtrice à la Retraite. Car si une grande partie de la population Mondiale crevait la dalle alors qu’une toute petite partie RiKiKi, moche et débile, grossissait à vue d’œil, c’était peut-être parce que la non-politique continuait à vouloir Enfermer les fous et les autres. Ce qu’elle en pensait, Hermyane, c’est que, tout comme les cages des oiseaux, les Prisons pas dorées qui étaient insalubres et pour lesquelles l’état préférait payer des Amandes Amères avec les impôts des pauvres – évidemment, sinon cela n’aurait pas amusé leurs gamins consanguins et Faibles – les prisons pas dorées, donc; devraient être Ouvertes. Une Total Liberté pour tous: voilà ce qu’Hermyane aurait proposé comme modèle politique; si on lui avait demandé son avis, évidemment. Et quant à ceux qui craignaient une Anarchie vIolente, Barbare, Tueuse de bébés joufflus pour manger et voleuse de reins et de Poumons pour Respirer; quant à ceux-là, donc, Hermyane leur aurait répondu que leur Peur ne faisait qu’attirer la Haine et que même c’était la grande poétesse Anakra Ynek qui le chantait avec des CoSmoS dans ses cheveux pas lavés et qu’elle avait toute Confiance, pour sa part, en son Prochain. Les loups se faisaient chier grave à force de cracher sur le béton et de ne rien apprendre dans leurs écoles pourries et n’attendaient qu’une chose: avoir de bonnes raisons d’enfourcher leurs destriers pour aider les Veuves et les Orphelins à récupérer leurs reins et leurs poumons. C’est que, tout enragés qu’ils étaient ces petit loups, ils n’en restaient pas moins débordants d’amour et de respect et jamais ils n’auraient pu laisser un amputé ramasser des framboises sans ses poumons pour respirer. L’âme, la conscience, tout ça, tout ça. Elle se souvenait parfaitement, par exemple, de celles de Damodua et de ses camarades de classe pour pauvres, où on apprenait à lire et à compter très difficilement car les sous-sous servaient en engraisser les BanksBanks et que donc ils pouvaient bien écrire avec leur caca, lire les prospectus publicitaires et manger leurs doigts, pour le goûter. Pour autant, Damodua avait quand même pris la peine de répondre à Hermyane à ses questions sur une enquête relative à la disparition d’un bébé et il lui avait parlé des Spartiates. Ce qui l’avait aidée à le retrouver juste sur le Fil, armé d’un couteau de cuisine Japonais et enfermé avec un autre nourrisson armé d’une Plume de Buse. Le tout étant filmé et servant d’amusement aux enfants débiles des gros qui avaient trop de sous-sous et pas beaucoup de cervelle et encore moins d’âme ou de conscience. Cependant, pour arriver à ramener ces putains de Capitalistes qui gagnaient 3600€ nets d’impôts par mois au principe tout simple de la Réalité: il fallait se lever tôt le matin et couper beaucoup de bois, et cuisiner sans arrêt et ne pas bouffer de Lapin et courir avec le chien des marathons et laver par terre avec un vieux T-shirt et de l’eau et du vinaigre pour éradiquer les puces et les acariens. Et l’échec cuisant de la Doursier Prouvait bien que c’était vain. Et Hermyane n’était ni ce putain de Cizif, ni ce putain d’Ikar et voulait juste aller vivre, pénarde, à la montagne pour fumer des joints le soir après avoir pioché la terre, coupé du bois et cuisiné des tas de trucs avec des tas de gens marrants comme les amputés de la Manioure.
Ce que les gens pouvaient compliquer ses désirs si Simples. Cependant, elle n’en voulait à personne: tout étant si embrouillé, en Ignocratie comme ailleurs et vous ne l’ignorez certainement plus ou alors Cassez-Vous Bandes de Connards!
Et pour ceux qui veulent rester quand même, Hermyane  peut toujours leur suggérer de danser le SirTaki, comme ça:

 

IGNOCRATIE #95

Ignocratie #95 Circulation Vestes Rouges

 

 

Lorsqu’elle se réveilla, Hermyane fut enthousiasmée par la journée qui l’attendait. Depuis qu’elle avait démissionné, la liberté lui donnait des ailes et un peu le feu au cul, aussi. Parce qu’Hermyane avait des ardeurs de Femme fort difficile à canaliser et qu’il n’y avait pas d’Homme dans sa vie et que baiser sans amour lui était toujours un peu difficile – cf la patchole coincée dans la chatte. Bref, depuis qu’elle était sans emploi fixe, il lui fallait s’occuper pour rester bien concentrée sur son projet de montagne, d’air pur, d’eau de source, d’alcooliques anonymes, de clodos, de gamins énervés, et cætera, et cætera, et cætera. Elle commença cette belle journée de printemps pour laquelle le thermomètre, pour une fois, indiquait bien des températures saisonnières adéquates. En Avril, il ne fallait pas se découvrir d’un fil, disait-on dans les temps anciens et reculés de la Manioure. Alors, évidemment, elle appréciait les journées qui rallongeaient et le soleil qui lui caressait délicatement la joue et la petite brise qui chatouillait son visage en lui collant des mèches de cheveux pas lavés sur le visage. Évidemment, elle appréciait tout cela: comme tout le monde, bordel de merde! Songea-t-elle en offrant un kawa à Polyme PaL Fifte; Yan Neck Métig et Men Hart Nat Fils SARL qui s’étaient gentiment déplacés pour constater son dégât des eaux et cela lui donna matière à réflexion. Elle commença donc cette belle journée printanière par un kawa partagé et quelques considérations toute personnelles, qu’elle garda évidemment Dans Sa Tête, alors que ses invités déambulaient dans son stud’ pour constater son dégât. Les Bordels devraient être réouverts, en Cranfe, s’était évident, se disait-elle. Parce qu’il faut être honnête : tout le monde ne peut pas plaire à tout le monde et pour autant le zboubi de chacun devrait bien pouvoir s’exprimer et la patchole de chacune, exploser de bonheur. Un peu comme pour le soleil, qui devait bien briller pour tous. Cela étant dit, tout en gueulant sur le maçon qui prétendait qu’il n’y avait pas d’infiltrations d’eau chez elle et que le ploc ploc délicat qui berçait ses nuits venait de la chasse d’eau, elle songea également que, de la même façon qu’il faisait plus froid au Dron et plus chaud au Dus: pour ceux qui avaient des difficultés à s’exprimer ou à exploser avec un partenaire à leur goût, les Bordels étaient particulièrement indiqués. Cependant, comme la Politique ne faisait plus de politique et préférait faire des selfies sur les réseaux sociaux et comme personne ne tenait jamais compte de son avis, elle remercia ses invités poliment, orienta la Polyme PaL Fifte vers les meilleurs photographes de la ville pour son portrait sans maquillage, sans lunette, sans basket, sans sourire et sans cheveux de passeport. La Rocé et le RideFerc qui étaient, en plus d’être capables de vous fournir de belles photos malgré toutes les nouvelles contraintes en la matière, toujours souriants et friands de discussions diverses et variées. D’ailleurs, Hermyane, après s’être fait cuire des œufs, avoir chanté sous sa douche sans laver ses cheveux gras pour les protéger des attaques acides liées à la pollution, avoir imaginé ouvrir toutes les cages à oiseaux de tous les commerces du monde, avoir pensé avec émotion à Nalia, le vendeur de lait frais du marché qui était mort de trop de travail et de trop de contraintes imposées aux petits éleveurs bien plus qu’aux gros trous du cul du chimico-industrio-phamaco-agro-Chapeau-dans-le-Lot; après avoir également appelé Madiwe et l’Anarmej, Sireyne, Lirnaett, quelques oncles, tantes, et cousinades par-ci et par-là, Hermyane songea, tout en allant déposer son constat de dégât des eaux à la Fima et en écoutant la radio et les Actualités, elle songea, donc, que les Cimetières étaient devenus bien inutiles et que si c’était d’elle: elle y implanterait des beaux Potagers. C’est qu’il fallait être logique: les morts se célébraient silencieusement dans le cœur et le compost des cimetières devait être fin prêt à accueillir des graines en tout genre. Cependant, elle n’était pas naïve: la Dictature du billet de BankBank faisait rage depuis fort longtemps en Ignocratie comme ailleurs et profitait allègrement de l’embrouillement généralisé. Finalement, après avoir effectué ses corvées de la journée, profité des rayons du soleil, pensé avec tendresse à une magicienne de Sela chasseuse de Vampires, elle aussi, la Milie Beer Lan, croisé un surveillant sexy de la Résidence de la Brise du Héron Halos prénommé Naju, à qui elle aurait bien proposé de fourrer sa langue dans sa barbe poivre et sel naissante, cependant elle était bien trop timide pour cela et elle préféra l’éviter et lui dire qu’elle allait rendre visite à ses chevaux. Évidemment, Hermyane n’avait pas les moyens de posséder des cheveux. Après tout cela, donc et comme elle exécrait le mensonge : elle changea d’avis quant à son programme de fin d’après-midi et alla chercher son fidèle Destrier, Nitite, pour lui dérouiller les Roues et conduisit, ses Cheveux sales au Vent, jusqu’à un champ tout près de chez elle où de beaux étalons noirs l’avaient ignorée superbement: en broutant des Ronces.
Elle rentra chez elle, heureuse de sa journée, en écoutant un titre tout nouveau qu’elle aimait beaucoup.
Malheureusement, son titre préféré de toute sa Vie du moment fut interrompu par un flash spécial d’information: la Rancifos avait décidé de vendre sa prison dorée, de distribuer des soupes aux clodos amputés de Pignerpan, de vider l’eau de sa piscine après l’avoir filtrée elle-même avec du tissu anti-javellisant, qui pouvait aussi servir à faire du ShitHum pour qu’elle le distribue ensuite gratuitement et en souriant aux chauffards: car un gamin avait été renversé près de chez elle et que cela l’avait affectée. Hermyane en fut sur le cul! Elle songea toutefois qu’il était imprudent de donner du shit à des gens qui conduisaient et que, pour réguler la circulation, les vestes rouges auraient pu faire l’affaire tout en continuant à chanter et à distribuer des saucisses aux enfants! Voilà. Hermyane trouvait le monde agréable à vivre, pensait qu’il n’y avait pas vraiment de problèmes et beaucoup de solutions: cependant, personne ne l’écoutait jamais alors elle se cura le nez, mit son Crotte sur le volant de sa voiture Adorée et chercha une radio qui aurait pu diffuser ce titre qu’elle chantonnait régulièrement ses derniers temps…

 

 

 

IGNOCRATIE #94

Ignocratie #94 Molotov

Hermyane avait été tirée de son sommeil profond, calme et tranquille, bercée par un doux rêve de montagne, d’air pur et d’amputés rampants dans le potager pour cueillir de Grosses Framboises; elle avait donc été tirée de ce songe merveilleux, tardivement dans la soirée, par un appel de son ancien chef : le Jorma Vian-Jichelm Deal. Ce dernier avait besoin de ses conseils avisés d’enquêtrice chevronnée depuis belle lurette: la Doursier leur avait échappé. Telle une cocotte minute dont la soupape aurait été endommagée sans qu’aucun sifflement n’ait atteint leurs oreilles attentives; soudainement, donc, elle avait explosé à nouveau. Et qu’elle allait faire cramer la baraque pourrie, pleine de moisissures sur les murs, de champignons dans la salle de bain – et pas des comestibles avec ça, comme chez Hermyane – de Fuite de Gaz, de Puces et d’Acariens divers et variés, et cætera, et cætera, et cætera. Et qu’elle allait foutre le feu à la putain de baraque de ce fils de Salope de Sinodul – car il faut reconnaître aux putes et leur utilité publique et le fait qu’elles permettent au moins à leurs clients de se décharger un peu, voire beaucoup, moyennant finances. Ce qui ne fut bien évidemment pas le cas de ce pauvre Sir Mohiertyn, qui eut accès au trésor sec de sa femme très peu de fois et qui dut se la mettre sur l’oreille un bon nombre d’années. Et qu’elle ferait aussi cramer le chien, les poules et le lapin: tous les condamnés à mort ayant toujours droit à un dernier bon repas avant leur exécution et elle avait tout de même des principes; on ne liquide pas froidement quelqu’un. On attend qu’il nous pousse à bout et on le laisse prendre un dernier repas, avant. Et qu’elle voulait le torturer psychologiquement aussi : lui faire croire que le jour était la nuit, que le bleu était vert, qu’un tournevis allait lui arracher les yeux et que sa soeur était son frère et que son père mort n’était pas son père et que la Rancifos chiait par la bouche chaque mardi et chaque jeudi, et que Charles devait tout manger, sans rechigner et qu’elle foutrait aussi le feu au manoir en toc de la vieille après lui avoir fait boire des litres d’eau de javel. Et que Sinodul mangerait une soupe sucrée et froide jusqu’à ce qu’il vomisse et qu’elle voulait aussi lui faire manger son vomi dans la foulée, et cætera, et cætera, et cætera.
Effectivement, on sentait bien que la jeune femme en avait gros sur la Patate. Et on pouvait la comprendre. Cela étant dit, comme elle était devenue un témoin Capital dans une histoire sordide de tordus de la quéquette, bouffeurs de Tripes, égorgeurs de Biches, Chasseurs en Smoking le dimanche et Fumeurs de Calumet pas de la Paix; il fallait absolument parvenir à la calmer. Hermyane avait alors sauté de son plumard pour essayer de la retrouver et, grâce à ses Bottes, elle avait été sur place en deux coups de cuillère à Pot. Elle avait alors constaté qu’il n’y avait personne et que la baraque de cette chiasse de Sinodul était toujours debout. Seule une odeur de gaz et les gémissements du chien, triste et fatigué de mener la vie de merde de son maître devenu soudainement Capitaliste, arrivèrent jusqu’à elle. Elle chassa le chien de son esprit: elle n’avait plus ni le temps, ni le droit de s’en préoccuper et aurait probablement besoin de son tendon de pouce droit pour aider l’amputé à ramasser des framboises dans le potager. Sur le chemin du retour, le jorma la rappela: la Doursier était revenue, à nouveau muette comme une Tombe et visiblement calmée. Elle demanda un verre d’eau, déchira la photo du Zalloueg, pleura environs cinq minutes, éclata de rire deux ou trois fois et se remit à contempler le dehors et les étoiles. Hermyane rentra donc chez elle, retrouva Tibouk, se servit un kawa avec de la crème Fraîche et songea que cette Doursier devait avoir beaucoup de choses incroyables à raconter et qu’il fallait absolument qu’elle maîtrise encore mieux ses émotions qu’elle ne le faisait déjà.
Elle songea aussi que toutes ces histoires l’emmerdaient au possible et que, n’eut été son sens du devoir et son empathie : elle aurait volontiers aidé la Doursier à faire cramer la baraque de cette chiasse de famille Puante. Mais comme il y avait plus urgent et plus agréable à faire : elle se rendormit en songeant à la bicoque du monsieur de la montagne qui baragouinait des trucs sur les abeilles qui piquent et la toiture qui ne fuyait pas et des dessous de table en bois massif pour y déguster une bonne Soupe de légumes et un lapin à la Moutarde.

Entracte publicitaire, pause pipi ou grignotage de pop corn: au choix.

Contes fées et dragons pipi caca

Petites définitions (sources dictionnaire Larousse en ligne) à titre informatif:

Autobiographie:
Vie de quelqu’un écrite par lui-même.

Autofiction:
Autobiographie empruntant les formes narratives de la fiction.

Ignocratie: autofiction avec autocensure selon l’humeur du jour, la météo, ce que j’ai mangé la veille, si j’ai une capote coincée dans la Patchole ou pas, si Kiki Boulette fait pas un trou dans le matelas, si j’ai kiné, si c’est celui qui est beau et qui me stresse pas ou pas, et cætera, et cætera, et cætera. Bref: des Choix d’Artiste avec les Mots.

IGNOCRATIE #93

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Hermyane, comme toujours quand elle avait une idée dans sa tête – et qu’elle ne l’avait pas au cul, du coup! Hermyane, donc, toute concentrée sur son nouveau projet de retour à la vie simple, rude et jointée à la montagne avec des sans-papiers, des alcooliques anonymes, des amputés, des mioches de Sela trop énervés, tout ça, tout ça. Hermyane, donc, avait demandé à son amie Vénus de venir avec elle. D’abord parce que le monsieur de la montagne, qui baragouinait des trucs pas toujours audibles, était un sacré morceau. Il lui rappelait le voisin de la Doursier et elle savait que ces ours-là, pour peu qu’ils aient été mal léchés, avaient un bon fond et avaient peur des noirs, des femmes un peu trop déterminées et de la nouveauté. Cependant, elle savait aussi qu’ils avaient du respect pour les gens travailleurs qui visaient un objectif et elle était tout à fait de cette trempe-là. Evidemment, le monsieur de la montagne avait baragouiné des trucs incompréhensibles, voulait le chèque, avait gueulé sur Hermyane parce qu’elle ne l’avait pas encore et posait trop de questions relatives à la toiture, aux travaux à envisager et parce qu’elle voulait accueillir des abeilles et que cela ne plairait pas au voisin qui ne venait qu’en vacances tous les six mois parce qu’elles piquaient. Le pauvre nounou! Bref, ces deux-là s’étaient un peu crêpé le chignon pendant que Vénus tenait compagnie à sa dame – qui avait pris Hermyane pour un monsieur! – et qu’elles parlaient des deux petits marmots joufflus et adorables que Vénus avaient dans le bidou: son prince, l’Ardent Vradu Dovie , avait fait mouche au premier coup et ses deux-là étaient finalement parvenus à s’aimer. Ce qui réjouissait Hermyane et lui donnait un peu espoir en l’amour. La Rouma pouvait bien rester dans le hangar à Pignerpan pendant que la Rancifos lui imposait ses chiasses puantes: cela ne changerait rien au Schmilblick et Hermyane pensait que pour combattre l’avènement de la Bactérie Unicellulaire, le mieux était encore de se réjouir du bonheur des autres et de planter des fleurs pour les abeilles à la montagne. De toute façon s’était son nouveau projet: pour au moins trois ans. Bien comptés!
Non parce qu’évidemment, cette histoire de bactérie unicellulaire et de disparition du vivant préoccupait absolument tout le monde – mise à part Rancifos et sa clique – alors on voyait émerger, un peu partout, des mouvements contestataires. Evidemment, la non-information des médias continuait à essayer de faire croire aux barbus gesticulants partout, cependant cela ne prenait plus trop: les gens n’étaient plus si cons!
De plus, ils avaient fini par piger que les Nulot, les Nocram, les Trugonex et toute leur smala se gardaient tout pour eux pendant qu’ils crevaient en bas, devaient vendre un rein ou un bras pour manger des pâtes natures ou faire dix kilomètres en voiture pour aller travailler gratuitement, et cætera, et cætera, et cætera.
Le mouvement le plus en vogue étant celui des Vestes Rouges. Des fachos en puissance ceux-là! Et que tout ce qu’ils faisaient était utile et merveilleux et que brailler dans des MégaFaunes aller changer le monde et que bloquer les pauvres, qui voulaient manger ou travailler gratuitement pour maintenir la paix sociale et croire que leurs enfants avaient une chance d’avoir un avenir meilleur, était brillant. Bref, le mouvement des vestes rouges était un Gloubiboulga qui contenait à boire et à manger – comme toujours, finalement: la vie était rarement toute noire ou toute blanche, fallait être con pour croire le contraire ou trop inexpérimenté, peut-être. Certains y faisaient valoir, avec courage, une détermination incroyable et prônait la paix, tout en prenant des coups dans la gueule et des lacrymos dans les yeux; d’autres prônaient on ne savait pas trop quoi en faisant des trucs débiles au possible, comme brailler dans des rues désertes et sécurisées en écoutant de la musique et en mangeant des saucisses. Dans le lot, on voyait aussi des actions intelligentes: comme bloquer les péages et rendre les trajets des routiers gratuits. Bref, un peu de tout et c’était à la fois rassurant, drôle ou agaçant au possible: tout dépendait du défilé et de ses techniques pour lutter contre la bactérie. De plus, les bonnes intentions étaient bien réelles malgré la part grandissante de Taupes FaSCIstes cachées dans la masse. Souvent des bourgeois poussiéreux qui voulaient absolument scander des slogans pour avoir l’air intelligent et engagé alors qu’ils avait juste l’air con. Ce qui n’avait jamais tué personne et rendait audacieux, selon un réalisateur alcoolique et abuseur d’actrices dont Hermyane avait oublié le nom. Il y en avait de plus en plus, alors c’était difficile de s’en souvenir. Les hommes politique s’y étant mis aussi….

Et en toute impunité, du reste: Chiara Pèps Lamen, pour pouvoir faire lire et vendre ses torchons dont Hermyane se serait bien torchée le cul; la Chiara, donc, avait carrément légalisé les actes des tordus du zboubs violentissimes! On croyait rêver, cela étant dit : tout étant si embrouillé, en Ignocratie, comme ailleurs et vous ne l’ignorez pas…

Ce qu’elle en pensait, des vestes rouges, Hermyane, c’est que ça faisait beaucoup de boucan pour peu de résultats et que cela mobilisait beaucoup d’argent public qui aurait pu servir à autre chose : comme donner plus de moyens à ses collègues sur les enquêtes concernant les tordus de la quéquette, entre autres, ou acheter des bicoques à la montagne pour y accueillir des abeilles et des amputés et des alcooliques avec la quéquette pas tordue – si, si, ça existait! Et parce que ceux-là, les trop tordus, nécessitaient une prise en charge bien spécifique pour laquelle Hermyane n’était pas qualifiée.
Cependant, comme on ne lui demandait jamais son avis, Hermyane avait décidé de s’en foutre comme de l’an quarante et d’écouter un bon son en réfléchissant à son projet de terre mouillée, d’eau claire et pure de la montagne, de voisin baragouinant et d’abeilles butinant de beaux cosmos…

 

 

IGNOCRATIE #92

Moutons

 

Hermyane étant un peu déboussolée par sa nouvelle vie sans enquêtes et par les indices qui se multipliaient et qu’elle essayait d’ignorer, incapable pour autant de ne pas les relever: cinq plumes d’oiseaux devant son Néki pour essayer de bouger son pouce, des collages un peu partout qui venaient s’ajouter aux tags et qu’elle récupérait, par habitude professionnelle pour les glisser dans son carnet de voyage. Celui qu’elle gardait toujours sur elle: où qu’elle soit et quoi qu’elle fasse.
D’ailleurs, même si elle devait aller danser une salsa démoniaque, un jerk rétro ou un madison avec des copains, elle avait son carnet avec elle, dans sa main, à la place d’un verre de gnôle qu’elle ne supportait plus et de l’autre, généralement, elle tenait son joint. Ce qui lui permettait de garder le rythme, un peu comme avec les ramoneurs sur les toits et Marie la Pine.
Bon, tout cela était bien gentil, cependant cela ne ferait pas aboutir son projet de vie tranquille, funky et un peu crado, à la montagne. Oui parce qu’elle l’avait décidé, pour imiter la Doursier: elle chierait dans les bois et se torcherait aux feuilles des arbres, elle se moucherait dans ses T-Shirts et elle ne se laverait plus que tous les trois jours; de toute façon, sa peau était un peu délicate à cause du soleil brûlant et en matière d’hygiène elle avait son point de vue: personnel, écolo et responsable. Une douche tous les jours pouvait être nécessaire, si on avait couru un marathon dans les bois avec son chien et un sanglier, fendu des bûches pour le poêle, pioché la terre pour y planter des fruitiers ou encore dansé toute la nuit en se défonçant sur des airs, par-ci, par-là. Le reste du temps, si on l’avait passé à regarder un film dans son plumard ou à se gratter les tibias, on pouvait se contenter d’une toilette de chatte – au sens propre et au sens figuré: un gant de toilette et un peu d’eau savonneuse; le petit minou, le culcul et les aisselles et le visage et dans le sens inverse, s’il vous plaît : faut pas déconner!
Donc, elle savait déjà comment réduire considérablement ses besoins en eau. Pour l’électricité ce ne serait pas un problème: elle était déjà en mode réduction depuis un certain temps à cause d’un dégât des eaux dans son appartement. Comme il y avait de l’eau qui coulait des murs et du plafond, elle avait installé des bassines et s’endormait avec le ploc ploc doux et rassurant des gouttes et elle avait coupé le chauffage et se foutait sous la couette avec sa bouillotte: Tibouk Kilète bien calée sur elle pour surveiller les risques d’effondrement ou d’incendie du Bordel.
Pour le jardin: elle demanderait à ses frangine et pour les ruches et les poules et bien elle apprendrait, voilà tout!
Quand on est capable de suivre les pas d’un madison, défoncée et avec un carnet et un joint dans les deux mains et sur des échasses, on doit bien pouvoir s’occuper de poules qui pondent des gros œufs et d’abeilles qui font du miel, vous ne pensez pas?

 

Contes sur les fées et les dragons, numérobis, version moins poétique et plus réaliste pour les vrais et dans un langage moins châtié pour les débiles consanguins qui se reconnaîtront (Big Up la « famille b/f »).

Contes fées et dragons pipi caca

Il était une fois, dans un monde apocalyptique qui ressemblait presque à une Mite – et beaucoup se perdent, c’est un fait – selon lequel les hommes et les femmes, se prenant pour autre chose que ce qu’ils étaient – à savoir des chiasses irresponsables, absentes, vautrées dans l’infidélité, la quête des sous-sous et le mensonge récurent – se sont vu faire gros Pam-Pam Cul-Cul, par dieu. Ce dernier, ne manquant ni d’idées, ni de vices, fit une chose extrêmement pernicieuse: il embrouilla toutes les langues de façon à ce que toutes ces chiasses d’hommes et de femmes arrogants, qui avaient oublié qu’ils avaient un cul pour chier comme tout le monde et des grosses poutres dans leurs yeux qu’ils préféraient ignorer; pointant du doigt la paille dans celle de leur voisin. Bref, tous ces cons-là avaient été bien punis, parce qu’ils passèrent des plombes à essayer de se comprendre à nouveau. Heureusement pour eux, à défaut d’être brillants, ils étaient accompagnés de tas de choses vivantes avec lesquelles communiquer: arbres, oiseaux, serpents – oui, même eux et aux chiottes le jardin d’eden et la eve responsable de tous les malheurs du monde: version fort misogyne du bordel biBiltik, vous en conviendrez…
Bref, ils étaient accompagnés dans leur quête de compréhension du monde, d’eux-mêmes, des autres – et cætera, et cætera, et cætera. – par d’exceptionnelles formes de vie telles que les fleurs, les abeilles, des multitudes d’espèces volantes, rampantes, grouillantes, végétales, animales dont le nombre était alors incalculable et la conservation précieuse et vitale pour tous. Car, aussi débiles et arrogants qu’ils fussent, ces hommes et ces femmes n’en étaient pas moins réalistes: sans aide, jamais ils n’auraient pu parvenir à se comprendre à nouveau.
Ce fut un éclatement de joie jamais connu auparavant: une liesse bien légitime car aucun homme et aucune femme ne peut supporter, ni ne mérite la solitude trop longtemps. D’ailleurs, à ce propos, pour ne pas oublier l’événement: ils firent un super film où un naufragé se lie d’amitié profonde avec un ballon de football, qu’il grime à son goût pour pouvoir lui parler et communiquer, ses joies, son quotidien et parfois aussi sa souffrance et sa solitude extrême. Car, c’est bien connu, un naufragé échoue toujours seul sur une île à la con; où il doit trouver de quoi manger, boire, faire du feu et des toilettes sèches bio et qui puent pas – la blague!
Bref, l’éclatement de joie générale fut tel, que les hommes et les femmes se mirent à inventer des tas de choses: c’est qu’ils avaient vachement de temps libre depuis qu’ils se comprenaient partout dans le monde…
Bien sûr, il y eut des trucs très très chouettes: comme les fours pour les feujs, les gitans, les handicapés et tout ce qui ne voulait pas dire à la Grosse Moustache qu’il était grand, beau, blond et fort…
Il y eut aussi des oiseaux métalliques fabuleux qui échouaient sur des îles à la con surnaturelles ou bien finissaient dans le triangle des bermudas ou bien encore explosaient en vol avec plein de barbus gesticulants dedans pour aller baiser des vierges au paradis.
Tout cela se faisant toujours en éclatant la tronche des multitudes d’êtres vivants et sensibles dans les airs et aussi un peu dans les océans: les naufrages, tout ça, tout ça.
Et comme cela ne suffisait toujours pas à remplir le vide laissé par la quête de la compréhension de soi, des autres, et cætera, et cætera, et cætera. Comme cela ne suffisait pas, ils se mirent à oublier.
C’est à dire qu’ils inventaient tant d’objets utiles et moins utiles qui faisaient tout à leur place, que ces chiasses d’humains savaient de moins en moins de choses.
Cela commença par l’agriculture. Désormais, beaucoup de gens pensaient que les choux fleurs poussaient dans les arbres et les orchidées dans le cul de Rancifos. Et ce n’était pas le pire! Les humains ne savaient plus très bien cuisiner: certains même affirmaient que les pâtes devaient se cuire dans l’eau froide et qu’il fallait dix minutes de cuisson pour des œufs mollets! Non mais allô quoi? T’es un humain et tu sais plus te faire cuire un œuf? La plupart des gens, ne savaient même plus que ces derniers sortaient des culs des poules et pensaient que le chocolat venait des vaches marrons…
Quelle tragédie, n’est ce pas?
Et ce n’était pas le pire.
Le pire étant que ces chiasses d’humains avaient mis au monde une progéniture fort intelligente. Le cerveau reptilien que ça s’appelle. C’est à dire que la progéniture comprenait beaucoup mieux que ses parents que le monde allait bientôt exploser de tant de conneries et que le vivant, sensible et indispensable allait disparaître! Pouf! Abracadabra: une chance sur des milliards que le miracle de la vie fut et il fut et il allait être défut…
La progéniture, ayant un cerveau reptilien très développé manifestait une intelligence rarissime: celle de comprendre que plus rien n’avait de sens, que le langage commun ne servait plus qu’à débiter des inepties et que l’amour – un truc vieux et déclassé et cependant d’une importance capitale pour développer de la sensibilité aux choses immatérielles et vivantes – s’était cassé en courant.
Oui, parce que, nous l’avons déjà dit, cependant nous ne parvenons pas à récupérer le torchon qui l’explique. Petit récap: le monde était donc tout aussi embrouillé et au bord de l’explosion que lorsque les hommes ne pouvaient plus se parler. Et c’était désormais parce qu’ils ne pouvaient plus s’aimer. Une histoire un peu trop compliquée et poétique pour beaucoup, alors réécrivons-là tous ensemble! Youpiii!
Les fées, qui normalement possédaient des pouvoirs magiques extraordinaires capables de réaliser des soupes, des miracles dans un four – pas avec des feujs, des gitans, des handicapés, et cætera, et cætera, et cætera. – plutôt avec des beaux légumes du jardin, des fruits fabuleux et plein de jus, de la farine de blé, de seigle, d’épeautre – ne pas confondre avec les apôtres, évidemment! – des œufs, du miel et nous en passerons et des merveilles. Bref, les fées, qui pouvaient avoir une bite, une crête, des ongles vernis dorés, du rouge à pipes – on s’en fout – l’idée résidant principalement dans la capacité à être au monde de façon simple et authentique. Les fées, donc, étaient faites pour aimer les dragons qui pouvaient avoir aussi une bite accompagnée de grosses couilles ou bien un abricot tout poilu et aux mille parfums possibles – dont le parfums chatte mouillée qui veut un orgasme. Bref, le monde était donc plein de fées et de dragons, normalement destinés à s’aimer pour pouvoir mettre au monde ou cultiver, ou adopter des marmots braillards et plein de vie et qui avaient besoin de parents. Les parents pouvaient être deux dragons bités et plein de feu ou encore deux fées bleues ailées et pleines de chansons débiles: cela n’avait aucune importance du moment que le ptiot était aimé et entouré de soins adaptés. Non parce qu’évidemment, ayant tout oublié, les géniteurs avaient mis au monde des trucs improbables: des dragons méchants et féroces qui suçaient leur pouce, des fées puissantes et capables de faire huit tiramisus et douze gratins en se curant le nez et en jouant du djumbé ou encore des drafons – un mélange de tout le bordel – capables de scruter l’horizon tout en jouant du piano debout les pieds dans l’eau de mer pour y pêcher des crabes. Voilà. Tout cela était d’une beauté ahurissante: il s’agissait du cri de tous leurs cœurs brisés et incapables de s’aimer qui vociféraient à leurs abrutis d’aînés que le monde allait bientôt tout claquer et qu’il n’y aurait plus rien du tout alors qu’aller travailler pour un salaire de merde et tout dépenser  pour tout détruire plus vite, ne les intéressaient pas. Ils préféraient se mettre des concombres dans le cul, fumer du bois de hêtre, bouffer leurs doigts, garder leurs mains pour demain et se raser les cheveux pour faire des perruques pour les nécessiteux…
Donc, voilà: retour à la case pam-pam cul-cul; pas bien, tout embrouillé, plus capables d’amour et sans amour plus rien.
Cependant: certaines fées, avec ou sans bites et certains dragons, avec ou sans fentes, étaient libres de toute cette merde. Non pas qu’ils ne voulaient pas aimer ou être aimés en retour, bien au contraire, seulement ils avaient conscience de l’urgence – vous savez, le bordel du vivant qui disparaît. Et ceux-là, humblement, voulaient juste mener une vie simple et sobre – avec ou sans gnôle, faut pas être con: cela dépend des goûts et des besoins – au plus près des choses vivantes, de manière autonomeuh et solidaire et responsable et en musique et avec des paillettes dans le cul: pourquoi pas. L’idée étant juste qu’ils aimaient bien qu’on leur foute la paix et qu’on les laisse être ce qu’ils étaient. Et quand bien même une fée brune à la taille de guêpe avec des lèvres charnues et pas de seins aurait été amoureuse d’un beau dragon féroce, aux cheveux courts et crépus ou encore aux cheveux longs et noirs comme un indien qui pue dans la ville, quand bien même cette fée aurait été amoureuse à en crever dix fois (au moins!), elle préférait encore mourir dix fois de plus que de renoncer à sa liberté durement gagnée.
Voilà.
C’est fini.
Claro o no?
Et bonne bourre, et bon week-end – gnôlé ou pas je m’en tape le cul par terre pourvu que je puisse respirer, s’il vous plaît, dire ce que j’ai envie – ça plaît pas? Je vous emmerde.
Et cuisiner des endives – quand j’aurai mon four sans feujs, sans gitans et sans handicapés cramés dedans et écouter du pera ou du Vivaldi ou mes pets sous la douche!
Et affectueusement, pas toujours!
Emelyne, Hermyane, Aube, Denleze, connasse, toxico, pute et à peu près tout ce qui vous chante sauf famille débile et dégénérée b/f.
A bon entendeurs, des gros misous!
Et vive la Framboise, toujours!