IGNOCRATIE #76

Moutons

 

 

La journée s’annonçait belle!
D’abord, Hermyane avait résolu momentanément ses chiasses liées au quotidien – elle ne pouvait pas aller plus vite que la Musique et les lenteurs administratives, en Ignocratie comme ailleurs, étaient une chanson connue de tous.
Il faisait beau et les températures extérieures étaient d’une clémence hors de propos pour un mois de février – l’embrouillement météorologique, tout ça, tout ça. Ce qui avait donné envie à notre enquêtrice de sortir s’aérer : c’est qu’il faisait meilleur dehors que dans son appartement plein d’humidité et de champignons non comestibles sur les murs. Elle pensa à son amie, la Clélia Es Douvican, qui sirotait des mojitos sur une plage quelque part à l’autre bout du monde. A la différence du Zalloueg et de sa chère Molie: elle ne l’avait pas volé, ce privilège de siroter quelques verres, les doigts de pieds en éventail; que d’enquêtes sordides elle avait eu à élucider, elle aussi, dans le temps. De plus, elle n’avait pas fini cachée dans un bureau pour des tâches administratives, elle, au moins. Et le terrain lui manquait: elle l’avait confié à Hermyane qui lui avait proposé de venir l’aider à coincer toutes les Rancifos de Pignerpan et ses environs. Cela avait chauffé cette enquêtrice tout aussi chevronnée, tenace et courageuse que ne l’était Hermyane. Et ces deux-là pourraient, en prime, une fois leurs enquêtes mises de côté, le soir, se fumer des gros joints pour se détendre et rire un peu: de leurs ex, de leurs histoires de fion, de leur ridicule – car il n’a jamais tué personne, si? – et des autres, aussi. On a bien le droit de se détendre quand on s’occupe de tous ceux dont les Chiolas Nulot, les Nocram et les Trogonex n’ont que faire: ceux-là ne prennent que les mojitos et les plages et laissent la merde aux autres.
Bref, Hermyane savait que la Clélia Es Douvican débarquerait à un moment ou à un autre; pour éclater des tronches de criminels et s’éclater un peu, aussi, avec Hermyane et ses bouffonneries – c’est qu’Hermyane, une fois allumée, était une vraie torchée: elle déballait de la paillardise à tour de bras, pour le plus grand plaisir de ses amis amusés. Sela avait laissé des traces et des coutumes qui ne déplaisaient pas à ses collègues de terrain de la Kapital!
Et comme tout était en Stand Bye: les pigeons voyageaient toujours avec ses missives, ses affaires étaient en cours, son loyer honoré; bref, elle pouvait sortir prendre l’air et faire quelques courses pour remplir son frigo, la gamelle de Tibouk Kilète et profiter des rayons de Soleil et de la douceur ambiante liée à l’embrouillement météorologique généralisé : tout ça, tout ça, quoi…

 

 

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