IGNOCRATIE #95

Ignocratie #95 Circulation Vestes Rouges

 

 

Lorsqu’elle se réveilla, Hermyane fut enthousiasmée par la journée qui l’attendait. Depuis qu’elle avait démissionné, la liberté lui donnait des ailes et un peu le feu au cul, aussi. Parce qu’Hermyane avait des ardeurs de Femme fort difficile à canaliser et qu’il n’y avait pas d’Homme dans sa vie et que baiser sans amour lui était toujours un peu difficile – cf la patchole coincée dans la chatte. Bref, depuis qu’elle était sans emploi fixe, il lui fallait s’occuper pour rester bien concentrée sur son projet de montagne, d’air pur, d’eau de source, d’alcooliques anonymes, de clodos, de gamins énervés, et cætera, et cætera, et cætera. Elle commença cette belle journée de printemps pour laquelle le thermomètre, pour une fois, indiquait bien des températures saisonnières adéquates. En Avril, il ne fallait pas se découvrir d’un fil, disait-on dans les temps anciens et reculés de la Manioure. Alors, évidemment, elle appréciait les journées qui rallongeaient et le soleil qui lui caressait délicatement la joue et la petite brise qui chatouillait son visage en lui collant des mèches de cheveux pas lavés sur le visage. Évidemment, elle appréciait tout cela: comme tout le monde, bordel de merde! Songea-t-elle en offrant un kawa à Polyme PaL Fifte; Yan Neck Métig et Men Hart Nat Fils SARL qui s’étaient gentiment déplacés pour constater son dégât des eaux et cela lui donna matière à réflexion. Elle commença donc cette belle journée printanière par un kawa partagé et quelques considérations toute personnelles, qu’elle garda évidemment Dans Sa Tête, alors que ses invités déambulaient dans son stud’ pour constater son dégât. Les Bordels devraient être réouverts, en Cranfe, s’était évident, se disait-elle. Parce qu’il faut être honnête : tout le monde ne peut pas plaire à tout le monde et pour autant le zboubi de chacun devrait bien pouvoir s’exprimer et la patchole de chacune, exploser de bonheur. Un peu comme pour le soleil, qui devait bien briller pour tous. Cela étant dit, tout en gueulant sur le maçon qui prétendait qu’il n’y avait pas d’infiltrations d’eau chez elle et que le ploc ploc délicat qui berçait ses nuits venait de la chasse d’eau, elle songea également que, de la même façon qu’il faisait plus froid au Dron et plus chaud au Dus: pour ceux qui avaient des difficultés à s’exprimer ou à exploser avec un partenaire à leur goût, les Bordels étaient particulièrement indiqués. Cependant, comme la Politique ne faisait plus de politique et préférait faire des selfies sur les réseaux sociaux et comme personne ne tenait jamais compte de son avis, elle remercia ses invités poliment, orienta la Polyme PaL Fifte vers les meilleurs photographes de la ville pour son portrait sans maquillage, sans lunette, sans basket, sans sourire et sans cheveux de passeport. La Rocé et le RideFerc qui étaient, en plus d’être capables de vous fournir de belles photos malgré toutes les nouvelles contraintes en la matière, toujours souriants et friands de discussions diverses et variées. D’ailleurs, Hermyane, après s’être fait cuire des œufs, avoir chanté sous sa douche sans laver ses cheveux gras pour les protéger des attaques acides liées à la pollution, avoir imaginé ouvrir toutes les cages à oiseaux de tous les commerces du monde, avoir pensé avec émotion à Nalia, le vendeur de lait frais du marché qui était mort de trop de travail et de trop de contraintes imposées aux petits éleveurs bien plus qu’aux gros trous du cul du chimico-industrio-phamaco-agro-Chapeau-dans-le-Lot; après avoir également appelé Madiwe et l’Anarmej, Sireyne, Lirnaett, quelques oncles, tantes, et cousinades par-ci et par-là, Hermyane songea, tout en allant déposer son constat de dégât des eaux à la Fima et en écoutant la radio et les Actualités, elle songea, donc, que les Cimetières étaient devenus bien inutiles et que si c’était d’elle: elle y implanterait des beaux Potagers. C’est qu’il fallait être logique: les morts se célébraient silencieusement dans le cœur et le compost des cimetières devait être fin prêt à accueillir des graines en tout genre. Cependant, elle n’était pas naïve: la Dictature du billet de BankBank faisait rage depuis fort longtemps en Ignocratie comme ailleurs et profitait allègrement de l’embrouillement généralisé. Finalement, après avoir effectué ses corvées de la journée, profité des rayons du soleil, pensé avec tendresse à une magicienne de Sela chasseuse de Vampires, elle aussi, la Milie Beer Lan, croisé un surveillant sexy de la Résidence de la Brise du Héron Halos prénommé Naju, à qui elle aurait bien proposé de fourrer sa langue dans sa barbe poivre et sel naissante, cependant elle était bien trop timide pour cela et elle préféra l’éviter et lui dire qu’elle allait rendre visite à ses chevaux. Évidemment, Hermyane n’avait pas les moyens de posséder des cheveux. Après tout cela, donc et comme elle exécrait le mensonge : elle changea d’avis quant à son programme de fin d’après-midi et alla chercher son fidèle Destrier, Nitite, pour lui dérouiller les Roues et conduisit, ses Cheveux sales au Vent, jusqu’à un champ tout près de chez elle où de beaux étalons noirs l’avaient ignorée superbement: en broutant des Ronces.
Elle rentra chez elle, heureuse de sa journée, en écoutant un titre tout nouveau qu’elle aimait beaucoup.
Malheureusement, son titre préféré de toute sa Vie du moment fut interrompu par un flash spécial d’information: la Rancifos avait décidé de vendre sa prison dorée, de distribuer des soupes aux clodos amputés de Pignerpan, de vider l’eau de sa piscine après l’avoir filtrée elle-même avec du tissu anti-javellisant, qui pouvait aussi servir à faire du ShitHum pour qu’elle le distribue ensuite gratuitement et en souriant aux chauffards: car un gamin avait été renversé près de chez elle et que cela l’avait affectée. Hermyane en fut sur le cul! Elle songea toutefois qu’il était imprudent de donner du shit à des gens qui conduisaient et que, pour réguler la circulation, les vestes rouges auraient pu faire l’affaire tout en continuant à chanter et à distribuer des saucisses aux enfants! Voilà. Hermyane trouvait le monde agréable à vivre, pensait qu’il n’y avait pas vraiment de problèmes et beaucoup de solutions: cependant, personne ne l’écoutait jamais alors elle se cura le nez, mit son Crotte sur le volant de sa voiture Adorée et chercha une radio qui aurait pu diffuser ce titre qu’elle chantonnait régulièrement ses derniers temps…

 

 

 

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