IGNOCRATIE #98

Ignocratie #98 Carnaval

 

 

Pour la tranquillité, Hermyane n’aurait pas d’autre choix que d’attendre encore un peu. Soit, elle était une adepte des échecs et avait appris la patience. Certains n’ont pas d’autres choix. Elle se sentait bien dans son chez elle avec Tibouk, ses nouveaux meubles conçus par des Talibans, les champignons au mur et la chasse d’eau qui berçait ses nuits de ses doux ploc ploc. Elle savait bien que son projet de montagne prendrait du temps : elle avait pas mal de chiasses administratives à gérer avant de pouvoir y poser son cul et admirer les étoiles et le Silence. Elle avait du travail, aussi, pour permettre à ce projet de lui donner toute liberté d’enquêter comme elle l’avait décidé: ses problèmes avec l’autorité, tout ça, tout ça.
De toute façon, elle devrait attendre que sa super-méga-génia-non-conseillère de chez Popol du travail pige qu’elle n’avait pas quinze ans, pas mal de bouteille et très peu envie de se laisser dire de quelle façon elle devait se positionner. Qu’elle mette donc son nez dans le Kama Sutra, cette mal baisée, plutôt que de se faire croire qu’elle connaissait le travail d’Hermyane mieux qu’elle! Non mais on croyait rêver!
Cela étant dit, cette dame bien intentionnée et peu formée était le cadet des soucis de ses soucis. La putain de Doursier avait débarqué chez elle avec son sac à dos, un pull bleu turquoise et ses pieds puants d’avoir trop marché dans les mêmes chaussures. Elle voulait vivre avec Hermyane et ne lui avait pas laissé le choix. Elle s’était installée, avait récupéré une machine à coudre et de la laine et des aiguilles: elle voulait faire un DouDou pour une amie enceinte, repriser les vêtements d’Hermyane, fabriquer une souris pour Tibouk, cuisiner des plats pour qu’ils ne soient pas critiqués systématiquement – et pour cela, Hermyane était plutôt d’accord car elle était gourmande et la Doursier cuisinait fort bien! Elle voulait aussi peler le maire de Sela, Tax SouR Man, écouter du PeRa avec son vieux pote BiduL Robi Evec et aller danser au Carnaval. Elle tricota deux déguisements: une chatte noire pour Hermyane et un poussin jaune canari pour elle-même et acheta une bouteille de Gin pour sa coloc et une bouteille de Vodka pour elle. Elle appela deux ou trois potes pour qu’ils lui envoient, par pigeon voyageur, un peu de shit, du lsd et de la Caroline. Elle disait que le Carnaval serait parfait, de cette façon! Hermyane avait plutôt envie de profiter de sa retraite mais quand elle sut que sa vieille copine Gèr Néi s’y trouverait avec ses potes omos et de la Margarita, elle se laissa tenter. Les rues grouillaient de gens ivres, joyeux et parsemés de paillettes, parfois dans le cul. Des fanfares jouaient des airs par-ci et par-là, ce qui donnait une joyeuse cacophonie. Tout le monde était là: les vieux, les jeunes, les amputés, les sales gosses énervés, les alcooliques masqués et il y avait même des Grosses Framboises sur des chars, en string et fumant des gros Splifs. Hermyane aperçut même Sinodul qui avait rasé ses cheveux et était passé du côté GotHique de la Force avec sa clique qui le suivait, déguisée en moutons et broutant de l’herbe.
Finalement, après avoir gerbé tout son Gin et aidé la Doursier à finir la Vodka, pour terrasser le Mal par le Mal, Hermyane ne trouva pas Gèr Néi et tomba nez à nez avec un vieux chef de formation à la gestion de conflit sans vIolence: Carma TrugnÔ. Il était déguisé en Vélociraptor, buvait de l’eau et rigolait avec une camarade de terrain la Mer-Ia Aigle-Nature Stonn, déguisée en Panthère rose et sirotant une menthe à l’eau. Enfin, elle aperçut son amie Ellan Sabren Goett qui était déguisée en Fée Bleue et chantait l’Année du Dragon Rouge de 1976, en prônant la Paix et en faisant des doigts d’honneur aux Belligérants de la fête, car il y en a toujours : la survie, tout ça, tout ça…
Après lui avoir roulé une grosse pelle parce qu’elle était trop bourrée et que la Paix invite souvent aux embrassades, Hermyane laissa la Doursier finir ses Produits avec des inconnus rencontrés à la fête: un Tigre, un Orque, un Nocram et une Bite. Elle avait eu la bêtise de se laisser aller à réfléchir à la fonte de la calotte glaciaire, ce qui avait gâché son euphorie. Elle avait pleuré, giflé un clodo macho, repéré un nouveau tag – PY Que Dieu te Bénisse, signé Lak Miel Tou – et finalement décidé d’aller se coucher dans son nouveau lit fabuleux qui lui faisait faire des rêves doux, qui ne risquait pas les griffes acérées de Tibouk et la Doursier connaissait le chemin, avait ses bottes dans son sac à dos et la porte n’était jamais fermée à clé.
Hermyane entendait vaguement l’hystérie collective générée par ce type d’événements, fort utiles pour éviter les guerres, lorsqu’elle se laissa emporter par un rêve étrange où un pirate du Pacifique lui parlait de sa bactérie à l’Œil. Il était sexy et Hermyane décida que dans ce rêve: elle se foutrait à poil.

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